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Vendredi 6 juillet 2007

 

Cadet d’une famille de trois garçons, je vis le jour le 18 août 1955 à Lesparre, petit village du Médoc bordé de vignes. Je suis né d’un papa orphelin de père, marin de son état et d’une maman « sans emploi » ayant dû quitter son bachot de latin grec pour élever son jeune frère.
Quand à mon enfance, je n’ai guère de souvenirs. Ceux-ci remontent en fait à notre cité du Foyer du Fonctionnaire rue des Grouettes à Sainte Geneviève-des-Bois où j’y ai vécu toute ma scolarité primaire.
En 1969, ce fut le départ pour Dakar, avenue Pinet-Laprade avec vue sur les jardins de l’amirauté. Quel dépaysement ! La chaleur bien sûr, mais aussi les odeurs et les couleurs violentes allèrent rapidement me faire aimer l’Afrique. Au bout de deux ans, ce fut le retour difficile en région parisienne, adieu Eldorado. La réadaptation s’avéra difficile. Heureusement, il y avait le foot et après avoir démarré le début de saison en équipe 2, je me retrouvais rapidement propulsé capitaine des cadets 1. J’y tenais à ce brassard et je ne ménageais pas mes efforts pour en être l’indispensable détenteur.
Cette année là, de seconde C, j’atterrissais en première G et me heurtais au mystère de la comptabilité et à son étrange magie qui consiste à justifier un débit par un crédit et réciproquement. Les mouvements liés aux luttes étudiantes me passionnèrent davantage ; les noms d’Habi, Fontanet , et même Debré, correspondant à ma première manifestation, résonnent en moi comme autant d’instants collectifs, de bravades, d’interdits, bref de fêtes mais aussi d’idéaux forts à défendre, de valeur à promouvoir.
Depuis la première, je m’initiais au théâtre et à la poésie. Cette dernière se mêlait étroitement avec mes convictions politiques naissantes. L’expérience de l’anarcho-syndicalisme, les écrits de Bakounine, la guerre d’Espagne, cette pureté, ce désir communautaire m’attiraient beaucoup.
En 1975, je passais mon bac G2 avec deux mois de retard. Finalement grâce au bachotage de dernière minute, j’obtenais mon passeport pour la fac.
J’avais opté pour une fac de lettres, l’histoire m’a toujours passionnée. C’est sur ce choix qu’ont débuté trois merveilleuses années. Les mercredis, je dirigeais le centre de loisirs de Villiers-sur-Orge qui venait tout juste d’ouvrir. S’occuper d’enfants n’est pas chose aisée, mais je découvrais que leur rythme n’était pas le mien, qu’il fallait sans arrêt provoquer leur attention, susciter leur étonnement.
C’est également à cette époque que je rencontrais Jacky. Il avait fait Mai 68 était toujours un rebelle. C’était un autodidacte, il m’initia au métier d’émailleur. Nos œuvres étaient originales et se vendaient bien. J’aurais aimé créer une association d’artisans mais l’esprit individualiste du petit commerçant l’emportait pour beaucoup sur toute autre considération.
Aussi, je m’orientais professionnellement vers la MJC de Sainte-Geneviève-des-Bois où je m’occupais du ciné-club. En fac, mes sous-dominantes, comme on disait, consistaient en des UV (unité de Valeur) de cinéma et d’arts plastiques. Deux mondes que je découvrais. Nous avions comme professeurs, des cinéastes tel Eric Rohmer. Les études d’arts plastiques me permirent de découvrir les peintres et sculpteurs contemporains, de mieux comprendre leur démarche. 
Après avoir obtenu le DEUG à Tolbiac, les années fac se terminèrent à la Sorbonne boulevard Saint Michel, en licence, sur un oral qui me permit de valider mon UV. Merci à Le Chapellier et à sa loi sur la liberté du commerce qui célébrait l’arrivée de la bourgeoisie au pouvoir en abolissant les jurandes et autres corporations. Le travail militant de la MJC m’attirait de plus en plus. Je commençais par laisser tomber le théâtre. J’avais pourtant eu la chance de travailler avec de grands professionnels et de m’entraîner de temps en temps avec le théâtre de l’Ecume à la fameuse Cartoucherie de Vincennes. J’avais trop hâte de m’investir dans la cité. A la MJC de Sainte-Geneviève-des-Bois après avoir été responsable bénévole du ciné-club, puis vacataire des ateliers émaux, je me retrouvais animateur à temps plein chargé des adolescents, de la sérigraphie, etc.…
Jacques, Pierre-Marie et moi-même, tous trois objecteurs de conscience, avions décidé de vivre ensemble. Il est vrai que l’appartement du 6 rue Albert Schweitzer ressemblait davantage à un PC de campagne qu’à un  loft parisien. Nous avions chacun notre chambre puisque nous louions un F5. Les parties communes, elles,  accueillaient pêle-mêle tracts, affiches, Chiliens de passage ou objecteurs en transhumance. J’aimais ce côté ruche, cette fraternité militante, ce côté acteur du monde. Objecteur insoumis, je dus passer au tribunal d’Evry. Nous avions mené un ardent combat. Les galas de soutien marchaient très fort. Le jour du procès, je reverrai toujours la salle comble. Le juge énervé par la pile de lettres de soutien qu’il avait dû incorporer au dossier. Le verdict tombe, 13 mois d’emprisonnement dont 4 fermes. Heureusement, le 10 mai François Mitterrand, nouveau président de la République nous amnistia sur la peine et le 4 août, nuit de l’abolition des privilèges, sur le délit.
Entre temps, j’avais rencontré Anne qui est encore aujourd’hui ma compagne.an2000-servculturel.jpg
L’aventure de la MJC se terminant, je décidais de postuler à la direction de la nouvelle maison de quartier qui venait d’ouvrir à Lisses. Je fus l’heureux vainqueur désigné par un jury d’habitants. Me voilà, à 23 ans, l’un des plus jeunes directeurs d’équipement de ce type en France. Le quartier était nouveau, les habitants venaient en Ville Nouvelle avec un esprit pionnier. De nombreuses associations naissaient en un rien de temps.
J’avais adhéré à la CFDT, et fis partie du SYNPAC, la branche culturelle du syndicat. Sur le plan local, je m’étais investi comme conseiller prud’homal. L’importance de connaître les textes se fit rapidement jour. En justice comme ailleurs l’à peu près n’a pas cours. Ce fut un apprentissage de la rigueur.
Le 17 décembre naissait notre premier enfant. J’ai eu la chance d’assister à l’accouchement et de voir naître Pauline.
Pendant cinq ans, j’ai dirigé la maison de quartier baptisée ALICE (association lissoise pour l’information, la culture et l’expression) avec un grand plaisir. Le festival de la bande dessinée de Lisses/Evry en fut l’événement le plus marquant. Après la « traite des planches » comme disaient les dessinateurs, le festival de Lisses leur apparaissait comme un véritable ballon d’oxygène. Chaque année un thème permettait d’aborder la BD sous un angle original. Rapidement le festival est devenu le deuxième en France après Angoulême. Tous les grands de la BD se sont succédés. Margerin, Bilal, Teulé, Cabanes, Tardi etc…autant de dessinateurs que nous retrouvions le dimanche dans le parc de Vincennes pour une partie de foot endiablée. Pendant 3 année durant j’organisais pendant le festival d’Angoulême le match de foot entre les directeurs de festival et « les dessineux ». Je jouais alors arrière central et j’avais la redoutable tâche de contrer l’avant centre Bilal qui dans sa jeunesse avait joué dans les équipes du Partisan de Belgrade. Heureusement qu’en face, dans les buts, il y avait l’ami Cabannes plus fort dans les blagues qu’en « goal kipper » !
 Après ce temps passé à Lisses, je décidais de quitter ALICE en me lançant un nouveau défi : prendre le poste de directeur des affaires culturelles de la Ville Nouvelle d’Evry, récemment créé. C’était une poste difficile. Nous avons pourtant réalisé de belles choses avec notre petite équipe. La Ville Nouvelle disposait alors de grands moyens. C’est l’époque où sortaient de terre l’Ecole nationale de musique et de danse, l’aire Libre devenue galerie d’Art contemporain où nous exposions des œuvres du monde entier. Je découvris avec bonheur les ateliers d’artistes, autant d’univers si différents, si passionnants. Dans les parkings de la gare du Bras de Fer nous avons créé la Halle du Rock. C’était à l’époque une idée originale : un lieu qui permettait aux jeunes de pouvoir jouer en toute tranquillité à tour de rôle, rapidement une salle destinée à l’enregistrement a vu le jour. Bon nombre de groupes de l’Agglomération sont passés par là. Le concours de poésie de la Ville nouvelle fonctionnait bien aussi, de grands poètes ou acteurs comme Fanny Cottenson, Mouloudji acceptèrentde participer à la remise des prix. Une année un Lissois emporta brillamment un prix, il m’en parle encore à l’occasion.
Je profitais de la création d’un festival de café-théâtre pour le restructurer, le professionnaliser et le transformer en Festival des Francophonies d’Acteurs. Rapidement la manifestation prit sa place dans le gotha des festivals. Cela me permit d’effectuer bon nombre de voyages en Europe tout d’abord, puis au Canada et bien entendu en Afrique. Dans tous les pays, j’ai constaté cette connivence entre individus s’exprimant avec le même langage, c’est émouvant d’entendre ces mots malaxés ou créés. En Guinée, nous fûmes à l’origine de la création de la troupe nationale. Je garderai toujours en mémoire la parution du premier texte sorti de l’imprimante du ministère de la culture. Texte écrit pour le Festival.
En 1990, également, le 11 février naissait Quentin. Sa naissance était prévue vers 20 heures, en fait il naquit à 15 heures. Lorsque j’arrivais à la maternité, j’entendis ses premiers cris. Il faut dire que j’étais resté devant la télévision pour assister en direct à la libération de Mandela. Voilà pourquoi Quentin à un autre prénom : Nelson.
Quelque temps après, bien que soutenu par l’ensemble du conseil d’administration, mais en conflit avec le président et en butte à la jalousie de bien des édiles, le Festival posant problème, le prétexte de la guerre du Golf, stoppa net la manifestation. Ce fut mon premier échec majeur. Le conflit avec le président avait été très dur. Je ressortis de ce combat groggy mais l’expérience m’avait fait grandir.
Etant permanent de la Fédération Léo Lagrange, on me proposa un poste à Bergerac. Va pour le pays de Cyrano ! Ce fut beau pendant trois mois. J’essayais d’organiser le théâtre, mais tout ce qui pouvait faire évoluer se heurtait à un refus catégorique. La volonté culturelle du maire était inexistante. En revanche, mon poste l’autorisait à dire qu’il n’avait rien contre la Fédération Léo Lagrange avec qui il était en conflit. Fin mai, la Fédération régionale Léo Lagrange disparaissait, mi-juin mon poste fut dénoncé. Je négociais à l’amiable mon licenciement et nous sommes revenus à Lisses où nous avions acheté notre pavillon en 1989.
Alors commença avec Alain l’aventure IDE 2 ACTES. IDE 2 ACTES était née de notre désir d’entreprendre pour notre compte. Notre association qui aurait dû devenir rapidement une SARL était spécialisée dans l’audit, l’ingénierie, le conseil et la formation aux métiers du spectacle. Les projets tombèrent à l’eau les uns après les autres malgré leur solidité. Je pense notamment au projet qui devait nous permettre de travailler tout le bâti et l’inter-bâti dans le Bergeracois (étude des sols, signalétiques etc….). Je fis l’apprentissage de ce qu’est une entreprise. En pleine récession économique sans appuis dans les institutions et les ministères nous avons échoué. Je ne regrette rien, bien au contraire. Cependant, mes indemnités chômage fondaient comme neige au soleil. Aussi je décidais de rencontrer le maire de Lisses. N’ayant plus de directeur de cabinet depuis 1989, la vie publique et le champ politique m’ayant toujours intéressé, je lui proposais ma candidature. Elle fut acceptée.
C'est alors que je découvris concrètement comment fonctionnait une commune. C'est ainsi que durant sept ans mon bureau fut situé juste à côté de celui de Jean-Pierre Vervant maire de Lisses depuis 1965. Ce fut un vrai bonheur. Très tôt il sut me faire confiance, m’aida à m’orienter dans les méandres de la complexité communale, me fit découvrir les enjeux d'un territoire. C'est incroyable le nombre de compétences que possède une Commune. Imaginez un peu : sociale, culturelle, économique, emploi, sport, culture, environnement, travaux, voirie, transports, urbanisme etc. autant de champs que l'on croit connaître mais qui se révèlent avoir leurs propres règles, leurs propres discours, leur propre univers.
par Christian DRON publié dans : Christian Dron
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Commentaires

Je viens de prendre connaissance d'un dernier tract.
Il me semble prétentieux et peu vraisemblable qu'une
équipe municipale puisse intervenir pour défendre le pouvoir d'achat et encore moins pour la revalorisation des pensions de retraite.
MM
commentaire n° : 1 posté par : michele macron le: 07/03/2008 20:53:47

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